En Ukraine, une femme politique membre des courants nationalistes d’extrême-droite aux positions souvent ultra-polémiques a été assassinée par balles dans une rue de Lviv, dans l’ouest du pays, le vendredi 19 juillet. Iryna Farion était une ancienne députée, éminente spécialiste de la langue ukrainienne. La radicalité de ses positions l’avait régulièrement entrainée dans des scandales publics.
En Ukraine, c’est un fait divers politique et sanglant. Iryna Farion, 60 ans, était une philologue renommée de la langue ukrainienne, enseignante à l’université polytechnique de Lviv. Cette dernière avait entamé une carrière politique en devenant députée du parti nationaliste d’extrême-droite Svoboda entre 2012 et 2014. Le vendredi 19 juillet, elle a été mortellement blessée d’une balle dans la tête dans une rue de Lviv, par un jeune homme armé d’une arme à poing.
Figure publique, mais relativement marginale, Iryna Farion a longtemps promu la langue ukrainienne. Elle a régulièrement défrayé la chronique ces dernières années en raison de son hostilité véhémente envers les Ukrainiens qui parlent russe, qui représentent une partie non négligeable de la population.
Sous surveillance policière depuis plusieurs mois
En 2022, son nationalisme ethnolinguistique radical se retourne contre elle au moment où elle critique publiquement les combattants du bataillon Azov. Ces derniers sont en pleine défense de l’usine Azovstal de Marioupol et sont eux-mêmes nationalistes. Mais pour Iryna Farion, sous le prétexte qu’ils parlent russe, ils ne sont pas de vrais Ukrainiens.
Cette position extrême révulse beaucoup d’Ukrainiens. Car bien que beaucoup d’habitants aient naturellement adopté la langue ukrainienne ces dernières années, parler russe ne signifie que très rarement un soutien de la Russie. Certains ont accusé Farion de semer des graines de zizanie en plein milieu de la guerre, faisant ainsi le jeu de l’ennemi.
La linguiste était sous surveillance policière depuis plusieurs mois. Pour le moment, les forces de l’ordre privilégient la thèse de « l’inimitié personnelle en raison de ses activités sociales et politiques », comme motif de son meurtre.
Source: RFI
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