Haïti-Diplomatie: Soupçon de corruption au Consulat de Suriname, la chancelière Dominique Dupuy lance une enquête

Le Ministère des Affaires Etrangères fait le ménage dans son consulat diplomatique au Suriname qui est devenu une station de passage pour les Haïtiens cherchant à échapper à la violence des gangs de leur pays.

Tous les diplomates haïtiens du consulat, sauf un, ont été rappelés à Port-au-Prince et les 12 entrepreneurs embauchés localement du pays ont été licenciés après que les autorités françaises ont soulevé des inquiétudes quant au fait que le personnel diplomatique pourrait être complice de l’utilisation du Suriname comme station de passage pour les migrants haïtiens cherchant à entrer dans les territoires français.

La ministre des Affaires étrangères Dominique Dupuy, qui a immédiatement lancé une enquête interne, a informé les responsables français et américains de sa décision la semaine dernière, ont confirmé plusieurs sources au Miami Herald.

Le mois dernier, des responsables français ont contacté le gouvernement haïtien pour lui faire part de leurs soupçons après l’arrivée de dizaines d’Haïtiens en Guyane française via le Suriname et leur demande d’asile.

Le stratagème consiste pour les Haïtiens à payer plus de 4 000 dollars à une agence de voyage pour se rendre dans ce pays d’Amérique du Sud, puis à monter à bord de bus qui les emmènent soit en Guyane française en traversant une rivière, soit au Brésil, où ils parcourent 11 000 kilomètres vers le nord jusqu’à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, en passant par le dangereux Darien Gap, entre la Colombie et le Panama.

L’enquête en cours a également révélé que parmi les victimes du trafic figurent des enfants mineurs qui arrivent au Suriname avec de faux documents de l’agence haïtienne de protection de l’enfance, affirmant qu’ils sont des mineurs non accompagnés réunis avec des familles au Suriname. Un tel projet, a déclaré une source, ne pourrait pas se réaliser sans la complicité du personnel diplomatique et peut-être d’autres personnes à la fois en Haïti, où tous les vols doivent être approuvés par le Bureau de l’aviation civile nationale, et au Suriname.

Les révélations sur le Suriname, qui devient de plus en plus un pays de transit populaire pour les Haïtiens et autres migrants, viennent alors que Paris et Washington cherchent à mettre fin à la circulation illégale des migrants à travers les pays tiers pour atteindre leurs frontières.

L’année dernière, l’Administration Biden a annoncé une répression contre les migrants pilotant des avions charters coûteux en provenance d’Haïti, de Cuba et d’ailleurs pour atteindre le Nicaragua, où ils se rendent ensuite à pied et en bus jusqu’à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Dans son rapport sur la traite des personnes de 2024 pour le Suriname, les États-Unis, par le biais du département d’État, a déclaré que « les trafiquants ciblent l’afflux croissant de demandeurs d’asile et de migrants, dont beaucoup n’ont pas de statut juridique et de protection, dans et à travers le Suriname », affirmant que les migrants viennent d’Haïti, du Venezuela, du Brésil, de Cuba, de la République dominicaine, de la Guyane et de la République Populaire du Congo, entre autres.

Source : Extrait d’un article de Miami Herald traduit par le Concret Info

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