Haïti-Culture: La ville de Jacmel s’apprête à célébrer son 326e anniversaire de fondation

Jacmel, ville de poètes, de la musique, de la danse folklorique et latine, baigne élégamment dans un passé glorieux en toute symphonie musicale depuis sa fondation en juillet 1698 par le Gouverneur Colonial de la Compagnie des Indes Occidentales, Jean- Baptiste Ducasse.

Vieille de 326 ans, la ville de Jacmel, réchauffée par le doux soleil tropical, contemple avec des yeux avides l’auguste fierté de ses années passées. Enrouler dans une tornade musicale, les jacméliens-nes embrassent la vie sur ses joues d’espoir en caressant les bras forts de l’espérance. Quand la cherté de la vie et les crises diverses veulent affaiblir la ville de Ti Paris, la musique montre toujours une sortie mystérieuse. Et, comme toujours, le poète avait raison quand il réclamait : « … De la musique avant toute chose ! »

Jacmel, un exemple de pratique de la grande musique mondiale depuis sa fondation à nos jours

« À Jacmel, la musique a toujours été un ciment social que ce soit dans les évènements populaires comme le carnaval et les cérémonies vaudouesques, mais surtout dans les clubs socioculturels tels que le Club Union et le Club Excelsior dans les années 80 où la musique régissait tout. Musique de piano, opéra, jazz, … tout y passait et, c’est dans les clubs que pratiquement le genre troubadour prit naissance avec des artistes tels que Ti Paris, Vulcain et ses acolytes », nous a révélé Dr Jean-Elie Gilles.

Par ailleurs, il nous a confié que bien avant la fondation de l’École de Musique Dessaix Baptiste, on donnait des cours de musique à la salle d’œuvre. Les hommes d’âge mur pratiquaient la guitare sur les galeries de leurs maisons en compagnie de leurs amis. « Ah oui, c’était un temps fabuleux», nous lança-t-il. Argumentant avec beaucoup plus de fierté, l’icône de la ville de Michaëlle Craan affirme qu’avant et après l’indépendance, la musique resta un point fort dans l’histoire de Jacmel.

L’histoire locale signale l’existence de 4 orchestres philarmoniques existant dans la ville, à la fin du 19eme siècle :
1- la musique militaire de la demi-brigade, sous la baguette du commandant Jospeh Pierre-Louis;
2- L’orchestre municipal fondé en 1895 par Aristide Mathieu, maire de la ville;
3- Vers 1905, l’Orchestre de l’Orphéon de Jacmel, sous la direction de Georges Lherisson, donnait des concerts inoubliables sur la Place Louverture;
4- L’Union Musicale, fondée au début du 20e siècle, avait 45 exécutants.

Aujourd’hui, la ville de Jacmel salue ce grand patrimoine, École Musique Dessaix Baptiste, dit « Anpenpan », fondée en 1998, pour offrir aux enfants de Jacmel une alternative positive à la violence, à la prostitution, à la drogue et à la délinquance. Créer la prochaine génération de musiciens haïtiens, en leur donnant une formation musicale, cette École de musique a formé plusieurs générations de musiciens. Soulignons que c’est Dessaix Baptiste qui composa l’hymne à la jeunesse « Fière Haïti », sur les paroles d’Édouard Tardieu, en 1938, lorsqu’un décret gouvernemental de l’époque rendit l’éducation physique obligatoire dans les écoles.

Questionné sur l’importance de la musique dans sa vie, le jeune pianiste Luxama Melchisédech, musicien depuis plus de 20 ans, formé à l’École Musique Dessaix Baptiste, a témoigné qu’après les besoins élémentaires dont il a besoin pour mener sa vie, la musique est très indispensable pour lui.

C’est la discipline qui a créé une parfaite cohésion entre lui et l’autre monde et qu’il se sent confortable. Plus loin, il a martelé que la musique lui permet de voyager à travers les sons. « La musique coule en moi, c’est mon sérum vital, je ne peux vivre sans elle », nous a informé maestro Melchisédech.

Par ailleurs, la danse, discipline qui nous permet d’exprimer nos ressentis à travers les expressions corporelles, occupe une place première dans la cité de Frantz Cadet, professeur de danse folklorique.

La place et l’avenir de la danse à Jacmel

Il existe plusieurs groupes de danse folklorique à Jacmel, chacun adopte un style de danse, soit moderne, contemporain ou traditionnel.

Toutefois, les amants de la danse ont le choix entre le folklore et latino. Mais les amoureux de la danse jonglent toujours entre le folklore et la danse latine. On pouvait danser partout, dans les clubs, dans les bars et dans les salons.

Aujourd’hui, la danse folklorique est présente dans certaines écoles, on offre des cours de danse folklorique et profite pour enraciner les élèves avec leur culture. « Malgré tous les efforts déployés, la vie culturelle commence à perdre certaines valeurs à Jacmel et la danse également », nous a précisé Fils Martha Christelle, danseuse au ballet folklorique Grand Soleil de Jacmel.

Bien que Jacmel soit la ville où la danse fait mariage avec la musique sous les vers huileux des poètes, il n’y a pas vraiment des manifestations culturelles prévues à l’occasion des 326 ans de sa fondation.

Cependant, les Jacméliens-nes rêvent un jour de voir Jacmel debout, danser au son de la musique comme les filles d’honneur faisaient leur entrée autrefois à la cathédrale Saint Philippe et Saint Jacques.

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